Christine LAUMOND 
Formation continue, promotion 2006
Entretien réalisé par Fanchon HAMON
Issue de la formation continue en 2006, diplômée d’une maîtrise de langue et civilisation russe, Christine LAUMOND a deux amours : l’international et la musique. Elle commence son parcours dans le domaine des médias avec une forte dimension internationale, puis décide de tenter l’aventure de l’édition musicale, avant de travailler à la valorisation de l’Alliance française et de son réseau. En 2009, elle parvient à combiner ses deux passions en décrochant un poste de chargée de mission à l’ambassade de France à Moscou.

Comment avais-tu entendu parlé de la formation ? Quelles ont été tes motivations pour y postuler ?
En fait, j’ai l’impression d’avoir toujours connu le dess de Dauphine, le choix s’est donc imposé et je n’ai pas postulé ailleurs.
Mes motivations étaient multiples. Tout d’abord, je voulais partir dans le réseau culturel français à l’étranger et je souhaitais faire une formation de niveau master 2. Ensuite, la possibilité de suivre le cursus en formation continue me paraissait particulièrement intéressante.
Enfin, je ressentais le besoin de conceptualiser un certain nombre de choses que j’avais acquises tout au long de mon parcours, mais jusque-là de façon empirique.
Quels sont les enseignements dont tu attendais le plus ? ceux qui t’ont le plus apporté ?
A dire vrai, je nourrissais une attente un peu globale. J’avais choisi ce master et pas un autre justement car il était orienté vers la gestion et mettait l’accent sur des matières qui font souvent défaut aux professionnels de la culture. En ce qui me concerne, j’avais été comblée par ma formation initiale en langue et civilisation russe, mais j’avais réellement envie de me frotter à ces questions, pourtant bien éloignées de mon précédent parcours.
Dès lors, les enseignements qui m’ont le plus apporté sont ceux pour lesquels je partais de plus loin, à savoir la fiscalité, la comptabilité ou la gestion. Ce sont aussi ceux qui m’ont fait le plus « souffrir », mais cela m’a été vraiment bénéfique !
Néanmoins, j’ai aussi fait des découvertes auxquelles je ne m’attendais pas, notamment à l’occasion d’un cours sur le patrimoine animé par Muriel Mauriac et qui fut une réelle source de plaisir tout au long de l’année !!
Au final, le grand plus du master réside aussi et surtout dans la qualité des échanges humains et professionnels qu’il permet.
Quelle fonction occupais-tu lorsque tu as suivi la formation ? Quel était ton parcours ?
Mon parcours suit deux lignes directrices : celle des institutions internationales et celle de la musique. En effet, j’ai commencé par travailler à rfi (radio France internationale), puis à la régie internationale d’HAVAS, pour me diriger vers le secteur de l’édition musicale où j’ai effectué des missions chez POLYGRAM et chez WARNER, avant d’occuper le poste d’administratrice au sein d’ASTERIOS SPECTACLES, producteur et tourneur.
Au moment du master, j’étais chargée de la communication et des opérations culturelles à l’Alliance française de Paris. Par la suite, lorsque la fondation s’est créée en 2007, on m’a confié la responsabilité de la communication et du développement de l’institution.
Le rôle de la Fondation Alliance française est de conseiller et de coordonner le millier d’alliances existantes à l’étranger. Elle a également pour mission de favoriser l’extension de ce vaste réseau qui propose des cours de français et vise à mieux faire connaître la culture française et les cultures francophones à travers le monde. Reconnue d’utilité publique, elle fonctionne sur des levées de fonds. La recherche de financements est une donc une activité centrale pour la Fondation et représente ainsi une grande partie de mes responsabilités.
Aujourd’hui, dans tes nouvelles fonctions, sens-tu le bénéfice de cette année de formation ?
En quoi dirais-tu que le DESS a été déterminant dans ton parcours professionnel ?
Je suis actuellement entre deux postes, mais pour ce qui concerne mes responsabilités actuelles dans le domaine du développement, il est probable que si je n’avais pas démontré mon souhait de monter en compétences dans ce domaine, on ne m’aurait peut-être pas proposé le poste lorsque la Fondation a été créée. Sans être déterminant, le fait de m’être investie dans ce master a indéniablement joué en ma faveur. Par ailleurs, sans cette formation, je n’aurais peut-être pas réussi à maîtriser ces dossiers complexes sur la fiscalité des entreprises et des particuliers, sur les systèmes de donation…
Quant à mon départ imminent dans le « réseau », il est certain que le fait d’avoir suivi le master de Dauphine me permet d’avoir une vision d’ensemble sur l’économie des filières, qui me sera clairement utile pour occuper le poste de chargée de mission audiovisuelle à MOSCOU.
Le master m’a donné plus d’assurance pour postuler à cette fonction qui couvre à la fois les secteurs de la musique et du cinéma. Cette formation a suscité ma curiosité pour des disciplines vers lesquelles je ne serai certainement pas allée spontanément. On peut dire que j’ai ressenti un « déclic » universitaire qui me pousse aujourd’hui à mieux me documenter sur les problématiques décisives pour l’évolution de nos secteurs.
A la rentrée prochaine tu pars pour de nouvelles aventures en pays russe, qu’est-ce qui, a priori, t’attire dans cette fonction de chargée de mission audiovisuelle à Moscou ? Quelles contraintes pressens-tu ?
Ce poste fait écho à des éléments inhérents à mon profil. Tout d’abord, j’ai une maîtrise de russe, j’ai déjà passé un an et demi dans ce pays. Mon expérience professionnelle antérieure, et particulièrement les fonctions que j’ai occupées dans la communication, m’ont également aguerrie au monde de l’audiovisuel et notamment à toute la partie relative aux relations avec les médias.
Enfin, je suis très enthousiaste par rapport à mes futures missions. Je suis ravie de me replonger dans le secteur de la musique. Je trouve grisant de travailler pour la promotion du cinéma français dans un pays où il y a une vraie appétence, mais aussi une forte concurrence.
De plus, le contexte devrait être plutôt porteur car l’an prochain ce sera « l’année croisée France – Russie ». Un programme avec Culturesfrance se met en place et impliquera toutes les grandes institutions, ce qui devrait drainer beaucoup de projets et donc aussi probablement plus de crédits !
Quant aux contraintes d’un tel poste, elles sont propres à l’expatriation, l’éloignement… le froid.
Quel conseil donnerais-tu aux promotions actuelles et futures ?
La plupart des étudiants nourrissent, et c’est normal, d’énormes attentes à la sortie du master.
On a tendance à croire que le jour où l’on a rendu son mémoire, les choses vont bouger tout de suite qu’un job en or va nous tomber dessus. Néanmoins, il faut apprendre être patient car, en effet, même si cela prend un peu de temps, il y aura quelque chose au bout du chemin…
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Xavier CAROFF 
Formation initiale, promotion 1999
Entretien réalisé par Fanchon HAMON
Diplômé du master en formation initiale en 1999, Xavier CAROFF est également titulaire d’un DEA de droit public et du Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat. Après une expérience de plusieurs années comme administrateur dans le secteur associatif ou pour des établissements publics (le Centre national de la danse, le Bureau Scènes de Cirque, la Cie Friches Théâtre Urbain et le Centre des Arts du Cirque de Basse-Normandie), il est actuellement avocat conseil au sein de Ernst & Young - Société d’Avocats, entité du groupe du même nom.

Comment avais-tu entendu parler de la formation ? Quelles ont été tes motivations pour y postuler ?
Après mes études de droit, je cherchais une formation offrant une ouverture sur l’économie et la gestion. Porté par une vocation sociale, je souhaitais m’investir dans le monde de la culture, mais une culture qui va à la rencontre des gens et non pas une culture élitiste.
Les domaines qui m’attiraient le plus étaient le cirque contemporain et le théâtre de rue, secteurs qui me semblaient les mieux à même de mettre la culture à la portée de tous.
La notoriété de Dauphine, le caractère pluridisciplinaire du master, se sont naturellement imposés. Le master constitue indéniablement une « carte de visite », un label qui permet de trouver un emploi dans un secteur parfois difficile.
Quelle fonction occupes-tu aujourd’hui ?
Aujourd’hui, je suis avocat conseil dans le secteur des Organismes Sans But Lucratifs (OSBL), c’est-à-dire que je travaille pour des fondations, des associations, voire des organisations professionnelles ou des mutuelles, qui n’évoluent pas uniquement dans le secteur culturel.
Au sein d’un département spécifique, nous élaborons des consultations en matière de droit associatif et de fiscalité propre à ce secteur, par exemple à l’occasion d’opérations de restructuration, de fusion entre diverses associations. Nous assistons également des porteurs de projets d’intérêt général pour la création d’associations, de fondations ou de fonds de dotation.
Nous plaidons peu, le contentieux représentant environ 10% de l’activité. Ernst & Young-Société d’Avocats regroupe environ 500 personnes, dont une proportion importante d’avocats fiscalistes. Sur chaque projet, nous travaillons avec une équipe de 2 ou 3 experts selon les spécialités sollicitées.
Qu’est-ce qui t’a poussé à passer du théâtre de rue au 30ème étage d’une tour à La Défense ?
Je souhaitais découvrir de nouveaux horizons, mais aussi parce qu’une fois passé le cap de la trentaine, la dimension économique prend une autre importance.
Après ma sortie de Dauphine, j’ai connu l’intermittence. Certes, j’ai trouvé grisant de pouvoir m’associer de façon souple à différentes sortes de projets et d’univers. Néanmoins, j’ai aussi vécu des périodes un peu pénibles, notamment entre 2002 et 2003, où je cherchais à m’investir durablement dans une structure.
Il y a eu un premier tournant lorsque j’ai intégré le Centre National de la Danse (CND), où j’ai pu travailler plusieurs années aux côtés de Michel SALA et Anne Marie REYNAUD et participer à l’aventure que représente l’ouverture d’un nouvel équipement culturel.
En 2006, j’ai ensuite décidé de passer le concours d’avocat pour valider mes acquis en cours du soir et le CND m’a beaucoup facilité les choses, notamment en m’accordant un congé pour mon stage.
J’ai d’emblée exercé dans un cabinet tourné vers les OSBL et ma double expertise en tant qu’administrateur dans l’associatif et dans l’institutionnel a constitué un réel atout.
Ce qui te plaît le plus dans cette fonction ? Les contraintes ?
Le cabinet d’avocats où j’exerce aujourd’hui me donne l’opportunité de travailler pour des clients à une échelle nationale et parfois internationale. J’apprécie énormément la variété des situations rencontrées.
Nos prestations s’adressent aussi bien à des universités qui créent une fondation avec des entreprises qu’à des associations du domaine culturel, social, éducatif ou environnemental, pour des missions d’organisation juridique ou de conseil fiscal.
Il s’agit de structures qui appartiennent toutes au secteur privé non-lucratif, ce que l’on appelle le tiers-secteur. Elles remplissent des missions d’intérêt général, mais ne dépendent pas directement de l’Etat ou des collectivités locales.
Certes, le travail au sein d’une grosse machine telle que Ernst & Young est un peu moins convivial que lorsqu’on s’investit pour un festival ou une compagnie, mais ce poste me permet tout de même de garder une cohérence entre mes valeurs personnelles et mon projet professionnel.
En France, le secteur OSBL représente une part croissante de l’économie et je trouve passionnant d’aider des organismes qui mettent en œuvre des mécanismes innovants de mutualisation des moyens et qui n’attendent pas nécessairement que « tout vienne d’en haut ».
Cette profession présente de nombreuses « options » et c’est donc quelque chose que je me vois faire longtemps !
Depuis Janvier 2003, tu es chargé de cours sur le thème « Gestion sociale : droit du travail et relations salariales dans le secteur culturel ».
La transmission représente quelque chose d’important pour moi. Au départ, il ne s’agissait que d’une demi-journée facultative, puis le cours a trouvé sa place au sein du cursus. J’essaye de concevoir le cours que j’aurais aimé recevoir quand j’étais étudiant.
Quel conseil donnerais-tu aux promotions actuelles et futures ?
Je conseillerais surtout de ne pas rester isolé : par définition, la culture est un secteur où il faut multiplier les contacts et les stages pour aller voir ce qui ce passe réellement sur le terrain.
Je dirais aussi qu’il ne faut pas être cloisonné mentalement, dans la mesure où l’on n’est pas obligé de reproduire indéfiniment les mêmes recettes du XXe siècle.
Enfin, je dirais qu’il faut se faire plaisir avant tout, car choisir de travailler dans la culture n’est pas une orientation raisonnable ! Il faut qu’une vraie satisfaction artistique et personnelle soit au rendez-vous.
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François DESROUSSEAUX 
Formation initiale, 1998
Entretien réalisé par Fanchon HAMON
François DESROUSSEAUX, diplômé de HEC, d’un DEA de lettres modernes et du DESS en formation initiale en 1998, vient de rejoindre le Festival de Cannes au poste de directeur administratif et financier. Dès le début de sa carrière professionnelle, François choisit de mettre ses compétences en gestion au service du secteur du cinéma. Il explore la production, la distribution, puis il exerce pendant 5 ans dans une institution, le Forum des images, où il occupe le poste de secrétaire général adjoint avant de rejoindre le Festival.

Quelles ont été tes motivations pour postuler au DESS ?
Après HEC, je souhaitais poursuivre des études plus littéraires. Passionné de cinéma, j’avais entrepris de faire un mémoire de DEA sur l’adaptation cinématographique de la Chartreuse de Parme. Le DESS de Dauphine me permettait en quelque sorte de faire le pont entre ces 2 cursus.
En quoi la formation a-t-elle été utile pour toi ? Plus précisément, en quoi dirais-tu que le DESS a été déterminant dans ton parcours professionnel ?
Le DESS m’a avant tout permis de rencontrer des personnalités qui avaient un parcours différent du mien, avec une orientation plus marquée vers l’artistique et vers les sciences humaines. Je m’y suis tout de suite senti très bien, et ai conservé des liens très forts avec certains de mes « camarades de promo ».
Pour moi, qui venais d’une école de commerce, la valeur ajoutée des cours du DESS reposait principalement sur la formation offerte dans le domaine du droit et notamment la propriété intellectuelle. J’ai aussi beaucoup apprécié les études de cas concrets de Denis CAROT, qui illustraient l’activité d’un gestionnaire dans tous les types de structures.
Si le DESS n’était pas assez orienté cinéma à mon goût, mon stage effectué chez un producteur indépendant, IMA FILMS, dans la foulée du diplôme, m’a permis de pallier ce manque.
Finalement, comme dans beaucoup de domaines j’imagine, le cinéma est un secteur où l’acquisition des compétences se fait principalement par la pratique.
Quelle fonction occupes-tu aujourd’hui ?
Je suis directeur administratif et financier du festival de Cannes, mais depuis trop peu de temps pour pouvoir en parler ! Jusqu’en mars dernier, j’étais secrétaire général adjoint du Forum des Images. C’est à ce jour mon expérience professionnelle la plus longue (5 ans) et la plus enrichissante.
Ce poste m’a permis de découvrir la facette institutionnelle du cinéma, par opposition à celle plus « business » que j’avais connu précédemment chez Bac Films. J’ai d’ailleurs senti, à mon arrivée au Forum des images, que les gens me regardaient un peu de travers parce que je venais du privé. Mais cette ambivalence m’a toujours amusé : je passe alternativement, aux yeux des uns et des autres, pour « l’ultra libéral d’HEC » ou pour « le gaucho cultureux »…
Ce qui te plaisait le plus dans cette fonction ?
Ce poste m’a permis d’avoir des responsabilités plus larges que chez Bac Films (où j’étais contrôleur de gestion), puisque je m’occupais aussi des ressources humaines, et que j’avais une petite équipe à gérer.
Ensuite, je m’entendais très bien avec la secrétaire générale, qui était un excellent manager. Elle travaillait dans le dialogue, me faisait confiance et déléguait beaucoup, tout en m’accompagnant dans ma progression.
Par ailleurs, le Forum des images est une institution très attachante, d’une part avec un vrai projet culturel, et d’autre part avec une équipe et une ambiance de travail que j’appréciais énormément. Même si mes tâches se cantonnaient à la gestion (finances, droit, RH), j’avais le sentiment d’être réellement intégré au projet d’ensemble de l’institution.
Enfin, je suis arrivé au moment des travaux de rénovation du Forum. C’est très excitant d’être associé à un tel projet, et ce, des simples visites de chantier jusqu’aux réunions « stratégiques » sur les valeurs de l’institution.
En fait, à ce jour, les deux périodes phares dans mon parcours sont la toute première expérience et la toute dernière : d’abord, celle de mon stage dans la production, avec l’émerveillement du petit jeune très naïf qui découvre le monde du cinéma ; ensuite, les six derniers mois avant l’ouverture du Forum, où nous vivions l’aboutissement concret de 3 ans de travail et de difficultés.
Quelles étaient les contraintes de ton poste ?
La plus grosse difficulté, pour moi, c’étaient les RH ; l’entreprise est bien souvent un joli champ de bataille des egos, un lieu de confrontation à ses propres limites et à celles des autres, bref un creuset de souffrances diverses ; essayer de maintenir équité, cohésion et efficacité dans tout cela est souvent très délicat… D’ailleurs, il est très rare d’entendre quelqu’un louer la manière dont les Ressources humaines sont gérées dans son entreprise.
Ensuite et plus accessoirement, le secrétaire général adjoint d’une institution de taille moyenne, c’est souvent celui qui récupère les tâches dont personne ne veut, donc pas les plus palpitantes…
Et ton nouveau job, tu passes d’un travail un peu souterrain au soleil de Cannes ?
C’est un peu une synthèse de mes deux expériences précédentes : le festival de Cannes est une institution culturelle, qui fonctionne en partie sur fonds publics et avec une exigence artistique très élevée, mais c’est aussi un lieu de commerce via le Marché du film et tout le business qui se déroule autour du Festival.
Vu de l’extérieur, le Festival de Cannes est une institution à la fois prestigieuse et mystérieuse. Je suis donc très curieux de voir comment « ça marche » de l’intérieur !
Quel conseil donnerais-tu aux promotions actuelles et futures ?
Dans un milieu comme la culture où l’on peut avoir le sentiment que tout repose sur le carnet d’adresses, je pense qu’il est au contraire vital de développer un véritable savoir-faire dans un domaine précis. On en revient toujours là : même dans la culture, il faut avoir une « valeur de marché ».
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Joanna GALLARDO 
Formation initiale, 2006
Entretien réalisé par Fanchon HAMON
Avant d’intégrer le master en 2005, Joanna GALLARDO suit des études de cinéma à Paris 3-La Sorbonne (option sociologie et économie) jusqu’au niveau maîtrise. Grâce aux stages, elle acquiert une première expérience dans la gestion de projets à fort enjeu public. Dans ce cadre, elle travaille pour des festivals, une société de distribution de films et à la Cinémathèque française.
Aujourd’hui, elle est chargée de projet et des finances de NISI MASA, une plate-forme de collaboration pour les jeunes cinéastes européens qui a pour but de découvrir, promouvoir et former ces nouveaux talents.
Comment as-tu entendu parlé de la formation ? Quelles ont été tes motivations pour y postuler ?
J’ai pris connaissance du master par le biais d’une publicité dans Télérama, mais aussi à travers l’association Bizart et son site internet. En effet, pour faire mon choix, je me suis beaucoup documentée. Dans ce domaine du management culturel, il y a pléthore de formations, dont certaines – osons le dire - sont clairement « bidons » ! Celle de Dauphine m’a semblé beaucoup plus réaliste, elle offrait un réel gage de sérieux.
Ce qui m’a décidé, c’est le contenu du programme, contrairement aux autres formations qui n’offrent que des cours généraux sur la sociologie de la culture. Le master propose un panel d’outils théoriques et pratiques dans le domaine du management et de la gestion, avec ce label de qualité qu’apportent des professeurs tels que Xavier Dupuis ou Philippe Benghozi.
Enfin, ce qui constitue définitivement un plus dans mon parcours universitaire, c’est de m’être ouverte à d’autres domaines culturels, d’avoir eu accès à un véritable panorama du secteur.
Comment décrire les principales activités du poste que tu occupes aujourd’hui ?
A Nisi Masa, je travaille autant au niveau français qu’au niveau européen et mon activité tourne autour de deux pôles principaux.
L’animation de réseau d’abord, puisqu’à travers 20 associations membres, nous organisons au niveau européen un concours de scénarios de courts-métrages et des ateliers d’écriture et de réalisation à destination de jeunes professionnels de 19 pays.
La gestion administrative et financière ensuite, domaine qui comporte une multiplicité de tâches. Mon champ d’action va de la comptabilité à la demande de subventions, pour la structure et pour les projets. Je m’occupe également de la recherche de partenariats et de sponsors. Enfin, j’assiste le délégué général dans le recrutement et l’encadrement des volontaires issus du programme européen Léonardo ou du service national.
Ce qui te plaît le plus dans cette fonction ? Quelles en sont les contraintes ?
La dimension de création, même si mon travail n’est en soi pas très créatif. Le fait de rendre possible l’expression de nouveaux talents est très stimulant.
Au-delà de l’aspect très franco-français qui domine souvent nos secteurs d’activité, et a fortiori dans le cinéma, j’apprécie énormément de travailler au niveau européen.
Quant aux contraintes, je citerai le salaire et la multiplicité des tâches à accomplir au quotidien. Une petite société comme Nisi Masa exige avant tout de la polyvalence. Avec 3 salariés, 4 volontaires européens et 1 DG, nous devons animer un réseau de 700 membres ! Même si j’ai un assistant, le manque de moyens m’oblige à gérer de front beaucoup de choses à la fois, toutes très différentes et très importantes à la fois.
Comment vois-tu ton évolution dans les 3 à 5 ans qui viennent ?
J’aimerais intégrer une structure plus grosse et à un niveau européen, au sein du programme Media, pourquoi pas ?
Par ailleurs, je suis en train d’écrire un scénario de long-métrage. C’est un équilibre important pour moi, car au fond c’est bien la création qui m’attire le plus dans le cinéma.
La mise en réseau apparaît un peu comme le fil rouge de ton parcours ?
Cela m’intéresse beaucoup en effet. Mes différents engagements associatifs ont nettement enrichi mon expérience, que ce soit pour le Festival du court-métrage « 5 Jours Tout Court » à Caen en Normandie ou pour Nisi Masa, en tant que membre du conseil d’administration. J’ai d’ailleurs pu y décrocher mon premier emploi salarié juste à la sortie du master, ce qui m’a ainsi permis de mettre directement en application mes connaissances.
A cet égard, je me suis rendue compte à plusieurs reprises que Dauphine et la formation du master représentent une vraie carte de visite. Même si le cinéma ne constitue pas un point fort de ce réseau, j’ai malgré tout des échanges quotidiens avec les anciens sur des points techniques de gestion. C’est très rassurant ! De plus, l’association Bizart joue un rôle important dans l’ouverture vers les autres, depuis le premier colloque qu’elle a organisé à la Colline, puis avec les rencontres professionnelles qui ont suivi, je pense que c’est un vrai catalyseur.
Quel conseil donnerais-tu aux promotions actuelles et futures ?
Il ne faut pas hésiter à s’engager dans des associations. Pour ce qui me concerne, cela m’a permis de structurer mon parcours, d’avoir une expérience pratique, de mieux savoir ce que je voulais faire. Autant de choses qui facilitent l’entrée dans le monde professionnel !
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Anne-Charlotte BECK 
Formation initiale, promotion 1998
Entretien réalisé par Fanchon HAMON
Après l’ESSEC (promo 1998) et plusieurs expériences dans la grande consommation et le luxe, Anne-Charlotte recherche une orientation professionnelle rassemblant communication et culture. Elle intègre alors le DESS 234 de Dauphine. S’intéressant tout particulièrement aux questions du mécénat, elle travaille en parallèle au sein de l’ADMICAL (Association pour le Développement du Mécénat Industriel et Commercial), pour qui elle réalise une enquête sur les clubs d’entreprises mécènes en France. Le fruit de cette étude aboutit à la création d’un Guide du mécénat collectif. A la fin du DESS, elle accepte une mission au sein de l’AFAA (aujourd’hui Cultures France) au département des arts de la scène, pôle danse, où elle s’occupe notamment du premier festival de danse française à New York, avant d’intégrer fin 2000, le Public Système, en tant que conceptrice-rédactrice.
- En quoi la formation a-t-elle été utile pour toi ? Plus précisément, en quoi dirais-tu que le DESS a été déterminant dans ton parcours professionnel et quels sont les enseignements dont tu attendais le plus ?
J’ai beaucoup apprécié les cours sur le management culturel, le cinéma, mais davantage encore que les apports théoriques, le vrai plus du DESS provient selon moi de la qualité et de la variété des intervenants extérieurs.
Le DESS a été un catalyseur de différents centres d’intérêt, il a nourri ma passion pour le spectacle vivant et m’a permis de découvrir la danse contemporaine. Au final, même si je n’ai pas intégré une institution dans le secteur culturel, c’est une rencontre avec un ancien, Frédéric BEDIN, directeur général de Le Public Système, qui m’a permis de découvrir l’événementiel et mon métier d’aujourd’hui.
- Quelle fonction occupes-tu aujourd’hui ?
Depuis 2000, je suis donc conceptrice-rédactrice au sein du Public Système (Groupe de communication hors média leader de son marché) au département événements d’entreprise (communication interne, corporate et B to B).
De la prise de brief jusqu’à la présentation du projet, je mène à bien les réponses aux appels d’offres de nos clients ou prospects. Mes activités se situent ainsi au carrefour de différentes fonctions : management de projet, réflexion stratégique, conception-rédaction, direction artistique, veille culturelle et tendances, avec une prédilection pour les projets à dimension artistique ou luxe. Une fois que le projet est gagné, je n’interviens sur la production de celui-ci que de manière exceptionnelle (sur des projets d’exception !).
Mon domaine d’activité englobe tous types d’événements : lancement de produits, exposition, soirée, convention, team building créatif...
- Ce qui te plaît le plus dans cette fonction ?
La diversité des projets ! Je travaille sur un projet différent en moyenne tous les 15 jours / 3 semaines. Ce métier me permet aussi de puiser dans mes centres d’intérêt (techniques du spectacle, arts graphiques, culture picturale, littéraire, cinématographique…). De plus, il s’agit d’un travail en équipe dont la composition se fait sur-mesure sur chaque projet. Nous faisons en effet très souvent appel à une expertise artistique extérieure (scénographe, metteur en scène, chorégraphe…) ce qui permet des rencontres très enrichissantes.
Enfin, il faut aussi être sensible à la nouveauté et à l’affût de toutes les tendances du moment !
- Quelles sont les contraintes liées à ton métier ?
En premier lieu, je citerais le rythme de travail qui comporte de nombreux pics d’activité et une forte irrégularité. Il faut savoir gérer son stress, être autonome et débrouillard.
Ensuite, je trouve que mon salaire n’est pas très élevé, même s’il peut paraître plus attractif que certaines des rémunérations proposées dans la culture !
- Vers quelle évolution professionnelle souhaites-tu t’orienter dans les 3 à 5 ans qui viennent ?
Pour les années qui viennent, je prospecte plusieurs pistes : travailler pour un bureau de style à la recherche de nouvelles tendances, rejoindre un annonceur du secteur du luxe au sein de la Direction de la communication… je pense également à me replonger dans les problématiques du mécénat ou à monter des séminaires autour de l’art pour des Top managers… Tout cela est en train de mûrir.
- Quel conseil donnerais-tu aux promotions actuelles et futures ?
Multiplier les rencontres et les prises d’informations et ne pas se faire d’idées préconçues sur les disciplines artistiques, idem pour les secteurs professionnels : il faut rester ouvert avant tout ! Et il arrive souvent que l’on se retrouve à un poste dont on ignorait l’existence. Il n’est donc pas exclu qu’on puisse s’épanouir dans un métier auquel on n’avait jamais songé auparavant !
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Tancrède RAMONET 
Formation initiale, promotion 2001
Entretien réalisé par Fanchon HAMON
Diplômé en philosophie (DEA à Paris 1 la Sorbonne), Tancrède Ramonet écrit son premier projet de documentaire juste avant d’intégrer Dauphine. En 2002, à la sortie du Dess, Tancrède créé avec son frère Axël et Martin Laurent, une société de production qu’ils nommeront Temps noir. Très vite, le catalogue s’étoffe de documentaires et de fictions qui traduisent un engagement fort en rendant accessibles au grand public des problématiques sociales, culturelles ou historiques. La société produit des réalisateurs confirmés comme de jeunes auteurs et s’intéresse de près aux nouvelles technologies. Bien implantée dans l’audiovisuel français (Arte, France Télévisions, Canal+), elle est aussi soucieuse de la dimension internationale de ses films. Tancrède et son équipe ont obtenu le Prix du meilleur jeune producteur français de télévision 2006.
- En quoi la formation a-t-elle été utile pour toi ? Plus précisément, en quoi dirais-tu que le DESS a été déterminant dans ton parcours professionnel ?
Ce qu’il y a de magique aujourd’hui encore, c’est l’application parfois 4 ans après la fin de la formation de tout ce savoir que l’on a partagé avec toi, des théories, des éléments techniques et des idées que tu vas mobiliser !
Mais le Dess pour moi, c’est aussi des rencontres humaines. Au-delà des enseignants comme Maître Nédélec qui est resté notre avocat, comme Denis Carot qui nous prodigue régulièrement ses conseils éclairés, comme Patrick Olivier qui nous considère avec bienveillance depuis son poste de direction au Ministère de la Culture, j’y ai rencontré un petit groupe d’amis, qui ont eu une influence décisive dans mon activité professionnelle : Martin Laurent, mon associé, est de ma promotion, tout comme Ondine Garcia ou Gauthier MORAX avec lesquels nous avons créé une association d’organisation de projets culturels.
- Pourrais-tu en quelques mots résumer ton activité et peux-tu nous dire si aujourd’hui, dans tes nouvelles fonctions, tu sens le bénéfice de cette année de formation ?
Temps noir essaie de fonctionner d’une manière égalitaire. C’est une petite entreprise artisanale de 5 personnes, qui marche bien et dans laquelle nous sommes et nous devons être très soudés, comme peut l’être un groupe de rock ou une équipe de rugby Tout le monde a son mot à dire sur l’organisation, nous prenons en compte la question du confort de travail et de vie autant que les objectifs en terme de rentabilité et d’efficacité.
Pour ce qui est de mon activité au sein de Temps noir, elle se définit selon 3 axes. J’exerce mon métier comme un chef d’entreprise et il est clair que sans Dauphine, jamais je n’aurais été capable d’assumer cette fonction. Par ailleurs, je suis évidemment producteur de documentaires, mais je suis également auteur car au sein de Temps noir, nous initions 80% des films que nous produisons. J’écris donc souvent les projets, participe au montage des films et à l’écriture des commentaires, mais je ne réalise pas.
- Qu’est-ce qui t’as poussé à créer ta propre société ? quels obstacles as-tu rencontrés ?
Si nous avons monté Temps noir avec mon frère, qui sortait de La fémis, et Martin qui était diplômé de Dauphine, c’était surtout pour créer notre propre activité ! On n’avait aucun « employeur » intéressés par nos candidatures. Car, si nous avions au départ une bonne dose d’idées et de sacrés atouts : le label de Dauphine, celui de la Fémis, sans occulter le fait d’être « fils de »… malgré tout cela, quand tu es jeune entrepreneur et dans la culture, personne ne t’encourage !
On s’est donc dit : « Puisque personne ne nous veut, faisons notre boîte ! »
Mais sincèrement, aujourd’hui, ce serait à refaire, je ne suis pas certain que l’on se lancerait à nouveau dans cette aventure. D’autant plus pour moi qui suis devenu gérant un peu par le hasard des choses. On a tiré à la courte paille ! Je le suis resté par nécessité. Mais je n’avais pas mesuré ce que cela représente en terme de responsabilités, légales, financières et humaines, qui dépassent de loin le travail de production pure.
- Ce qui te plaît le plus dans ta fonction actuelle ?
Ce qui me plaît le plus c’est la production, c’est-à-dire initier des projets qui sans nous ne se feraient pas. Montrer ces 7 heures d’entretiens avec Fidel Castro ou encore cette descente dans l’enfer carcéral des bagnes de Guyane, dénoncer la survivance d’une secte nazie au Chili, raconter comment la mondialisation de l’industrie agro-alimentaire présente une réelle menace pour la bio-diversité, tous nos films répondent selon moi à une urgence et à une nécessité : décrire la réalité, proposer des alternatives au discours ambiant, au modèle qu’il défend et qu’il présente comme inéluctable, susciter une prise de conscience citoyenne et défendre une certaine idée de la culture à la fois engagée, exigeante et populaire.
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Armelle Cochevelou 
Formation continue, promotion 2005
Entretien réalisé par Bérengère Lalanne
Service production - Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP)
Armelle Cochevelou est diplômée d’une école de Commerce et d’un MBA. Elle a travaillé dans le marketing et la vente auprès de groupes comme Danone, Air France, SFR... En 2003, elle crée et assure la direction de l’association " Offrande lyrique ", association d’aide au démarrage de jeunes solistes ou d’ensembles de musique classique. Parallèlement, elle a occupé divers postes dans le secteur culturel dont celui de directrice administrative et financière de l’Ensemble intercontemporain.
- Cette orientation vers le secteur culturel a-t-elle été rendue possible grâce au Master ?
Je me suis inscrite au Master de Dauphine un an après avoir créé " l’Offrande musicale ". Le Master a facilité cette orientation et m’a permis d’obtenir des bases solides, bien que baignant depuis fort longtemps dans le milieu musical. Cette orientation a été également possible grâce au réseau des anciens étudiants issus du Master comme des professionnels et des professeurs intervenants dans cette formation.
- En quoi dirais-tu que le master a été déterminant dans ton parcours ?
Le Master de Dauphine est un bon label dans le secteur culturel. Cependant, il me semble qu’en France il y a trop de formations en gestion culturelle (peut-être plus de 270) pour un nombre limité de postes. A titre d’exemple, lorsque j’étais directrice administrative et financière à l’Ensemble intercontemporain, nous avons reçu près de 600 candidatures pour les postes proposés de chargé de communication et mécénat et responsable de production !
Il n’y a pas assez de structures qui peuvent accueillir tous les diplômés en gestion culturelle. De plus, le turnover est lent dans nos structures artistiques. Une réflexion reste à mener pour pallier ce problème en France. A cela s’ajoute un niveau salarial relativement bas pour le niveau d’étude.
- Comment as-tu entendu parler du Master ?
Je cherchais une formation en gestion culturelle et ai eu connaissance du Master de Dauphine via Internet. Dauphine est également une université prestigieuse et renommée en gestion.
- Cette formation a-t-elle répondu à tes attentes ?
Dans l’ensemble, cette formation m’a permis d’asseoir mes connaissances du monde du spectacle vivant acquises sur le tas et complète mon expérience dans le secteur privé. Cependant, en ce qui concerne la formation continue, j’aurais bien aimé faire un stage. Mais cela reste en suspens car le mémoire représente une grosse partie de travail et de réflexion.
J’aurais souhaité également que la pratique, le terrain soient plus présents pour être moins dans la théorie et avoir pleinement conscience de la réalité. Certains enseignements y accordent déjà une large place heureusement.
Un lien et des échanges plus concrets devraient être tissés entre la formation initiale et la formation continue afin de renforcer les contacts et alimenter le réseau.
- Quels sont les enseignements qui t’ont le plus apportés ?
Le Master de Dauphine est très orienté sur les institutions publiques. Cependant il manque certains aspects : marché public et maîtrise d’ouvrage par exemple. Pourrait-on imaginer de mettre un accent sur l’aspect privé %
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Frédéric Dart 
Formation continue, promotion 2004
Entretien réalisé par Christine LAUMOND
ALLIANCE FRANCAISE - Direction des Relations Internationales
- Quelle fonction occupes-tu aujourd’hui ?
Je suis directeur de l’Alliance Française d’Hyderabad en Inde pour le compte du ministère des affaires étrangères français.
- En quelle année étais-tu en formation au Master ?
Au cours de l’année universitaire 2003 - 2004
-Comment as-tu entendu parlé de la formation ?
Par une stagiaire culturelle que j’avais recrutée à l’Alliance Française d’Osaka au Japon où j’exercais déjà les fonctions de directeur.
- Quelles ont été tes motivations pour y postuler ?
C’était au printemps 2003, j’étais en fin de contrat sur le point de rentrer en France et j’ai voulu à la fois valoriser mes acquis, transformer mon expérience en diplôme en vue d’une reconversion et combler mes lacunes dont j’avais conscience en matière de gestion.
- Quelle fonction occupais-tu lorsque tu as suivi la formation ? Quel
était ton parcours ?
J’arrivais de 9 années de direction d’Alliance Française, 4 ans en Afrique du Sud puis 5 ans au Japon. A mon retour du Japon, j’ai pris le poste de chef du département stages au Centre National des Œuvres Universitaires et Scolaires où j’étais en charge de la suivie des dossiers de 3000 étudiants boursiers étrangers en France.
- Quels sont les enseignements dont tu attendais le plus ? Pourquoi ?
Je voulais à la fois maîtriser les outils de gestion, mieux connaître les aspects juridiques liés aux métiers de la culture et découvrir l’étendue du champ du marché culturel en France. Ayant exercé de nombreuses années à l’étranger, je connaissais surtout les programmes de coopération avec les pays tiers et beaucoup moins l’organisation métropolitaine de la culture.
- Quels sont ceux qui t’ont le plus apporté ?
Tous les enseignements liés à l’organisation des métiers de la culture en France, leurs aspects économiques, juridiques et politiques. Je regrette par contre qu’il n’y ait pas eu d’enseignement de réflexion sur le statut de la culture dans les organisations humaines.
- Aujourd’hui, dans tes nouvelles fonctions, sens-tu le bénéfice de cette année de formation ?
Oui indéniablement. Je me sens plus légitime dans mes fonctions de même que j’ai plus de recul sur le travail que j’exerce. Les outils de gestion me sont enfin plus familiers.
- Quel conseil donnerais-tu aux promotions actuelles et futures ?
Le premier conseil aux étudiants en formation continue serait d’être vraiment motivé et d’être prêt à des sacrifices personnels tant la formation est lourde et prenante. Je ne voudrais pas non plus les effrayer car on s’y laisse prendre progressivement.
Le second conseil serait de ne pas être impatient en terme de débouché professionnel, c’est du moins mon expérience et celle de mes camarades de promotion. La plupart d’entre nous avaient des projets de reconversion et ils ne se sont pas immédiatement réalisés.
Le dernier conseil est de ne pas hésiter. C’est une formation où le savoir se construit tout doucement et d’où, à l’instar d’un marathon, l’on sort épuisé mais fier et plus fort.
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Perrine Brudieu 
Formation continue, promotion 2004
Entretien réalisé par Fanchon HAMON
Diplômée en communication et en études théâtrales, Perrine a d’abord été chargée des relations avec le public à la maison de la culture de Grenoble, puis au Théâtre National de Chaillot à Paris, où elle était co-responsable de l’accueil. Parallèlement, elle a aussi été administratrice de la compagnie Hercub’ à Villejuif et a longtemps pratiqué le théâtre amateur, en tant que comédienne. Le DESS, suivi en formation continue, lui a permis de conforter ses choix professionnels. En 2004, diplôme en poche, elle rejoint DCA, la compagnie de Philippe Decouflé, en tant que chargée de production.
- Quelles sont les rencontres qui ont le plus marqué ton parcours professionnel ?
À Grenoble, lorsque j’étais étudiante, je suivais les cours de Geneviève Lefaure. Je crois que c’est elle qui m’a vraiment donné le goût du théâtre. Par la suite, nous avons créé une compagnie semi-professionnelle avec des copains. J’avais 20 ans, je voulais être comédienne ! Avec deux de mes comparses, je suis ensuite revenue à Paris. C’était en 1995. Et puis, il y a eu cette rencontre avec Danièle Ajoret au conservatoire du 7ème arrondissement à Paris. J’ai tenté les concours pour entrer dans une école de théâtre, mais je les ai ratés et je suis entrée à Chaillot pour gagner ma vie.
- Qu’est-ce qui t’a amenée à passer de la pratique théâtrale aux métiers de l’administration ?
Après un DUT en communication et une licence de théâtre, j’ai suivi une maîtrise de théâtre à Censier. J’ai fait mon mémoire sur " l’évolution de la notion de troupe depuis l’expérience de Jean Vilar au TNP ". Dans la compagnie En trompe l’œil où je jouais, nous revendiquions cette idée de troupe : nous vivions beaucoup ensemble, nous jouions à 6 sans rôle prédéterminé et sans metteur en scène !
C’est ensuite mon directeur de mémoire, Daniel Lemahieu, qui m’a conseillé de postuler à l’accueil de Chaillot.
- Donc à défaut d’être sous les feux de la rampe, tu te rapproches toujours plus de la scène …
Oui en quelque sorte… à Chaillot, tout a été assez vite finalement : j’ai été ouvreuse, puis assistante, pendant 1 an, et enfin, chef de salle. Cette activité devenait difficile à concilier avec les cours de théâtre. Et même si parallèlement, je continuais à jouer avec une nouvelle compagnie, j’ai progressivement laissé tomber.
Puis, en 1998, à l’occasion d’un mouvement social à Chaillot, nous avons négocié pendant un an de profonds changements à l’accueil. A l’issue de cette longue grève, 15 postes en CDI ont été créés, dont le mien.
- Tu as donc versé dans le syndicalisme ! Est-ce que tu te reconnais dans ce profil de militante ?
Militante plutôt que syndicaliste, car mon engagement à Chaillot a été constant je crois, mais il est resté informel. Il faisait plutôt partie de ma façon de travailler. Ce fut en tout cas une expérience très forte à vivre, car Chaillot était un lieu de confrontation et de rencontre, de solidarité aussi, un carrefour de parcours très différents. C’est d’ailleurs à Chaillot que j’ai rencontré Valérie Kula et Dominique Laulanné de DCA, qui m’ont fait confiance et m’ont permis de rejoindre cette compagnie…
- En quoi la formation a-t-elle été utile pour toi ?
Paradoxalement, le DESS m’a ouvert sur plein d’autres choses extérieures au monde du théâtre, même si pour l’instant je n’en ai rien fait, comme par exemple le cours sur le patrimoine avec Muriel Mauriac. Du coup, pour mon mémoire plutôt que de choisir un sujet d’application, j’ai choisi d’aller vers un domaine que je ne connaissais pas et j’ai travaillé sur " Les nouveaux usages culturels des monuments historiques. "
Pour moi l’apport décisif du DESS repose sur la diversité, et en premier lieu celle des étudiants. A cet égard, le fait que ce soit en formation continue change tout !
Cette formation m’a permis de cimenter avec des connaissances concrètes les expériences que j’avais eu auparavant, mais ce que je retiens surtout, c’est la richesse de notre promotion. Cette année m’a permis de m’ouvrir sur d’autres expériences, d’autres milieux professionnels, d’autres pays aussi.
- Plus précisément, en quoi dirais-tu que le DESS a été déterminant dans ton parcours professionnel ?
Le DESS, c’est certain, constitue un gros plus sur le CV !
Mais, plus sérieusement, le Dess m’a aidé à trancher cette hésitation entre l’administration et la profession de comédienne. Pendant longtemps, le fait de travailler à Chaillot m’a justement permis de rester à une distance raisonnable du jeu, du spectacle. Je pouvais alors rester proche du plateau et des coulisses, dans cette ambiance si particulière du début d’un spectacle et de son déroulement… Le DESS m’a permis de choisir une orientation.
- Cela signifie-t-il que tu as abandonné l’idée de gestion un peu bohème autour de l’entité de la troupe ?
Je n’abandonne pas cette idée et le fait de travailler aujourd’hui dans une compagnie me permet d’être impliquée dans un projet artistique déterminé, mais aussi avec une équipe qui développe des relations artistiques et humaines assez fortes. Chez DCA, je mets aussi en application les enseignements du DESS, je rassemble mes expériences précédentes. Mais je ne présume pas de la suite de mon parcours. Je repartirai peut-être sur les routes aux côtés d’une troupe itinérante pourquoi pas, mais en restant cette fois-ci du côté de l’administration. J’aurai désormais un bagage plus solide qui me permettra d’être vraiment efficace, tout en développant une relative utopie artistique, voire sociale. Il me semble que dans ce cadre-là, la gestion doit être encore plus rigoureuse que dans des structures plus classiques.
- Et le réseau idéal pour toi ce serait quoi ?
Le réseau du DESS, en tout cas celui qui s’est constitué autour de ma promotion, c’est un groupe solidaire et diversifié, qui permet d’avoir un bon carnet d’adresses, de s’échanger savoir-faire et bons plans, voire des annonces d’emploi. J’espère que nous aurons la capacité de le faire perdurer et de le développer. Dans la culture, tout est bien une question de réseau. Que ce soient les artistes, les publics, les institutions, et plus largement la société, personne n’existe sans les autres. Est-ce que la constitution d’un réseau peut s’enseigner ? C’est un autre débat.
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Laurence Bailloux Pinco 
Formation initiale, promotion 1989
Entretien réalisé par Valéria Marcolin
Après Sciences Po Paris et le DESS, Laurence Bailloux Pinco débute son parcours professionnel dans le théâtre public, au Ministère de la Culture, puis au Théâtre national de la Colline et dans la compagnie Robert Cantarella. A partir de 1997, elle s’investit dans des projets multimédia, notamment pour Gallimard, Lire en fête, la Comédie Française, l’EHESS, Monum… jusqu’à créer sa société, Oliance, dédiée au web culturel.
Pour les 20 ans du DESS, elle a créé, avec son équipe, le logo, le site web et l’annuaire en ligne de Biz’art. Un pari dont le premier pas est franchi, sur les pages que vous êtes en train de lire...
La suite est à nous tous, anciens de la formation, pour que ces " affinités électives " qui souvent caractérisent nos parcours professionnels, profitent de cet outil pour se révéler et se valoriser.

- Il y a parfois dans la vie de ces rencontres bizarres, qui vous déterminent ... Quelles sont les rencontres qui t’ont le plus marqué dans ton parcours professionnel ?
Ce sont mes rencontres de théâtre.
Yves Chevallier d’abord, à la Drac Ile-de France. C’est avec lui que j’ai fait mon stage de DESS, puis je suis restée comme chargée de mission. Ensuite, il y a eu Denis Carot qui, à l’époque, était au Théâtre National de la Colline. Il m’a choisie comme responsable de production sur Les Comédies barbares, une grande coproduction européenne dans la cour d’honneur d’Avignon. C’est avec lui que j’ai véritablement appris mon métier d’administratrice. Enfin, la rencontre la plus importante de mon parcours a été Robert Cantarella, avec lequel j’ai travaillé pendant cinq ans. On formait un vrai binôme et on était très complémentaires. En me faisant confiance, il m’a permis d’aller de l’avant et de prendre beaucoup de hauteur par rapport à mon métier.
- En quoi la formation a-t-elle été utile pour toi ?
Elle m’a donné une bonne culture générale et m’a aidé à trouver plus facilement ma place ; elle m’a conforté dans mon envie de travailler dans le culturel et a précisé mes envies... A l’époque, je ne savais même pas qu’il y avait des administrateurs dans les théâtres !
- Pirandello disait : " Un fait est comme un sac : vide, il ne tient pas debout. Pour qu’il tienne debout, il faut d’abord y faire entrer la raison et les sentiments qui l’ont déterminé".
Qu’Oliance soit un fait aujourd’hui c’est une évidence, mais quelles sont les raisons qui t’ont si fortement déterminée à travailler dans le Web culturel ?
A la base, cela a été un hasard. J’ai eu l’occasion d’écrire des articles sur le théâtre pour l’encyclopédie Encarta de Microsoft sur cédérom. A partir de là, je me suis passionnée pour le multimédia et ses potentialités !
Très vite, dès 1998, j’ai eu l’idée de croiser mes deux passions : culture et web et de monter ma société. Mais le secteur culturel n’était pas très réceptif aux nouveaux média. Alors, j’ai continué mon chemin, d’agences Web en SSII, en développant progressivement mon expertise sur des projets web culturels…jusqu’à monter Oliance. Finalement, ça va faire bientôt 10 ans que je poursuis le même objectif.
- Nous voilà donc à la création d’Oliance, pour rester dans le vocabulaire théâtral qui te tient à coeur : saurais tu me raconter Oliance en 7 mots ?
Réflexion, stratégie, qualité, Europe, culture, contenu, réseau…
A propos de ce dernier mot, justement, je voulais te poser cette question : et si je te disais réseau ? ...
Ca résonne immédiatement. C’est une constante de mon travail. La rétention d’information, que certains considèrent comme une forme de pouvoir, ne m’intéresse pas. Mon principal intérêt pour le Web est bien là : dans la mise en réseau et le partage de l’information. C’est ce qui me parait nouveau et passionnant dans ce média.
Du réseau au DESS : quel est le lien que tu peux faire entre ces deux réalités aujourd’hui ?
Les anciens du DESS forment un réseau, dont le potentiel me semble aujourd’hui sous exploité. J’espère que la dynamique engagée pour les 20 ans et la création de l’annuaire en ligne favoriseront la mise en relation et les croisements.
Un dernier mot ?
Longue vie au DESS, pour qu’il continue à être une référence dans le secteur et qu’il intègre pleinement le web dans ses enseignements…
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